Partager des histoires d’espoir : Lana Poulson

Les personnes transgenres (trans) sont plus susceptibles de souffrir de maladie mentale que la population en général. Elles courent également un plus grand risque de se suicider—un fait que Lana Poulson connaît trop bien. Cette femme trans d’Ottawa a souffert d’anxiété et de dépression pendant la majeure partie de sa vie. Mais elle a demandé et trouvé de l’aide.  
 
La nouvelle campagne Ça va mieux d’Opération Gareautrain vise à montrer aux Canadiens comme Lana que l’aide est au bout du fil—et qu’ils n’ont pas à souffrir seuls. La campagne de sensibilisation publique à la prévention du suicide comprend 11 vidéos poignantes remplies d’espoir (six en anglais et cinq en français) racontant l’histoire personnelle de Canadiens comme Lana qui ont eu des pensées suicidaires. Voici une partie de l’histoire de Lana : 

Pendant combien de temps avez-vous eu des problèmes de santé mentale ?

Mes problèmes ont probablement commencé quand je me posais des questions sur mon genre à la fin de l’adolescence. Depuis que je suis toute jeune, j’ai toujours pensé que j’étais une fille. Mais mes parents étaient très stricts et ne voulaient pas me laisser être qui je voulais, c’est-à-dire une fille. Je voulais que mes parents m’acceptent et acceptent mon choix d’être qui je voulais. Ils ne me laissaient pas être moi-même. 
 
Donc, la dépression a probablement commencé à cet âge et elle n’a fait qu’empirer alors que je grandissais. J’ai refoulé une grande part de ma dépression. Parfois, je me fâchais contre eux, ce qui n’était pas bien. Mais j’ai essayé d’être un « mâle » comme ils le voulaient jusqu’au début de la vingtaine.

Quand sont venues les idées suicidaires ? 

J’ai essayé de m’enlever la vie une première fois en 1998. Et c’est probablement à la fin de la vingtaine que j’ai pensé que ce serait tout simplement mieux si je n’existais pas. J’étais en profonde dépression et mon anxiété était très, très grande. Je n’avais pas beaucoup d’amis à cette époque, et je pensais donc que mourir était la réponse. Je pensais que tous les gens autour de moi se sentiraient mieux s’ils n’avaient pas à composer avec ma dépression, mes colères et mon anxiété. Je n’aimais pas ma vie. Je n’aimais pas le fait de ne pas être dans une relation. Je ne m’aimais pas. En fait, je ne m’aimais pas et je n’aimais pas ma vie. Et c’est ce qui m’a poussé à mettre fin à tout ça.

Qu’est-ce qui a changé ? 
 
J’ai appris à m’aimer inconditionnellement et à penser de façon positive parce qu’il est plus difficile d’avoir des pensées positives que des pensées négatives. Les pensées négatives vous tuent. Je suis toujours en thérapie. J’y vais une fois par mois et c’est bon de pouvoir transmettre ses sentiments et ses pensées à quelqu’un qui ne vous connaît pas, mais qui en sait suffisamment sur vous. Je me lève tous les jours avec une pensée ou un sentiment positif, et je ne m’inquiète pas des problèmes de la veille parce que je ne peux rien y faire. On ne peut penser qu’au jour qu’on vit.

Quel serait votre message à quelqu’un qui est gay ou transgenre et qui pense au suicide ? 

Je dois dire que si vous tentez de vous faire du mal ou si vous voulez vous tuer, ne le faites pas, parce que vous avez beaucoup de choses à vivre. Vos parents vous aiment, vos amis vous aiment réellement, même si vous pensez que ce n’est pas le cas. Vous avez un but. Peut-être que vous ne le savez pas pour le moment, mais vous allez le trouver si vous restez là. Restez un peu plus longtemps, ça ira mieux. Si je peux le faire, vous pouvez aussi le faire.

Si vous avez des idées suicidaires, un intervenant qualifié est là pour vous écouter. Composez le 1-833-456-4566 (Canada) ou le 1-866-APPELLE (Québec),à toute heure du jour ou de la nuit. Et pour connaître l’histoire de personnes qui ont cherché de l’aide, visitez le cavamieux.ca.